mercredi, mai 28, 2008

Interview (2)

Un entretien réalisé pour les besoins d'un travail scolaire de la jeune Valériane :


Si tu devais adopter un symbole, quel serait il ? Pour quelles raisons ? Quelle est sa signification ?


Sans nul doute le Gadsden Flag, l'étendard de la Liberté, un des emblèmes les plus populaires du mouvement libertarien apparu lors de la Révolution Américaine. Il représente un crotale sur fond jaune accompagné d'un « Don't tread on me » (« Ne me marchez pas dessus ») vindicatif. Une illustration parfaite de l'axiome de non-agression et de l'esprit frondeur du mouvement.

Que représentent pour toi les terme « néo-libéral » et « ultra-libéral » ?

Une mauvaise pantalonnade dont on nous abreuve ad nauseam depuis quelques décennies. Il s'agirait de distinguer les « bons » libéraux, ceux qui sont prêts à se fourvoyer avec la social-démocratie (l'on peut assister à une telle corruption au sein du Parti Libéral -sic- en Suisse ou en Grande-Bretagne, se prévalant de la démocratie et d'un équilibre entre l'Etat et le marché -resic-) des libéraux historiques, héritiers de la pensée grecque, de Tocqueville, des Founding Fathers et plus récemment de Rothbard ou Hayek. Certains y percoivent une volonté à peine dissimulée de nous associer aux fascistes (néo-nazis, néo-fascistes, « ultra »..). Nos détracteurs s'en défendent en prétendant pourfendre une « forme pervertie de libéralisme » mais n'hésitent pas à affubler les seuls et uniques libéraux authentiques du préfixe « ultra ». Ils sont plus généreux avec « néo » : Sarkozy ( la nausée, toujours), Bush (lequel serait sans doute surpris), ou n'importe quel entrepreneur félon vivant des subsides de l'État. Etrangement, ils s'avèrent aussi parmi les premiers à voir dans le communisme un idéal noble, à mille lieues du fameux stalinisme ( car l'on sait tous que Lénine fut un homme de bien, sans cette folie typique des dirigeants soviétiques... une grande parade de génie). Moins commun, il m'est arrivé de lire dans la prose catholique intégriste des incongruités encore plus surréalistes : PolPot, Staline, Hitler... seraient libéraux (une note de la Trêve de Dieu, officine catholique dieu merci confidentielle, parue il y'a quelques temps). Novlang, Novlang..


Quelle est l’opinion libérale quant à des organisations supranationales comme l’ONU ou l’UE ?

Aujourd'hui l'un des plus grands périls qui pèsent sur la Liberté : l'union sacrée des tyrans, des despotes, des mafias, des gangs que l'on nomme « gouvernement ». La perspective de voir ces germes prometteurs d'un gouvernement mondial, centralisé ou pas, ne saurait ravir ceux qui combattent, et avec moult difficultés s'il en est, des gouvernements nationaux déjà par trop puissants. Le conseil des Droits de l'Homme de l'ONU est devenu un sujet de plaisanterie au sein de la communauté libérale, tant il est strictement l'inverse de ce qu'il prétend être. Il suffit de se rendre sur internet pour y retrouver les États qui y siègent. Orwell toujours : « la liberté, c'est l'esclavage ». Pour l'ONU, cela donne « les garants de la liberté, ce sont les esclavagistes ».
L'UE a rencontré à ses débuts une aversion moins vive de la part des libéraux pour une raison simple : facilitation des échanges et quelques gestes en faveur de la concurrence. Une époque aujourd'hui révolue: l'URSSE verse plutôt dans l'homogenéisation socialiste que dans la conquête de la Liberté.

Selon toi, pourquoi si peu de personnes sont touchées par les idées libérales ?

La crainte de la liberté n'est pas à proprement parler un phénomène nouveau. Etienne de la Boétie l'a merveilleusement bien analysée dans son « De la Servitude volontaire » il y'a de cela près de cinq siècles. Viennent aujourd'hui s'ajouter à la lobotomisation, à la cuistrerie profonde et l'inconséquence de la population près d'un siècle de propagande soviétique, à la dialectique rodée, travaillée pour séduire en jouant sur l'émotion, le pathos et le mensonge éhonté lorsque les libéraux se contentent de raisonner, en se fendant d'écrits non seulement brillants pour leur valeur démonstratrice, didactique, mais excellant par leur plume légère, leur liberté de ton. Ayn Rand, Spooner, et surtout le français Frédéric Bastiat en sont de parfaits exemples. Le même Frédéric Bastiat écrivait ceci : « Bon Dieu ! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre; et, si vous y parvenez, on s'écrie : "c'est si clair, que c'en est ennuyeux." - Puis on vote comme si vous n'aviez rien prouvé du tout.»

Pourquoi « libre et libéral » ?

L'éthique libérale ne saurait suffire à vivre pleinement, il s'agit, ainsi que je l'écrivais plus haut, d'une philosophie qui se cantonne au Droit. Il convient d'y adjoindre une philosophie plus « personnelle », plus « complète » dont la subversion, l'esprit dissident, provocateur restent des éléments essentiels.

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