samedi, novembre 22, 2008

A propos de l'Expérience

Je dois confesser ne pas être satisfait de cette ébauche, je vous la livre cependant en l'état, en espérant trouver le temps de l'améliorer.



Elle est là. Malgré l'heure tardive. Malgré les programmes lénifiants des chaînes de télévision et ses cours. J'avais employé quelques temps auparavant à son propos l'expression "la plus divine des nymphes" et sans nul doute elle en était digne. Du moins j'ose le croire.
Une période révolue, je le crains fort. Mais il n'est qu'une Charlotte Corday et je puis difficilement me contenter d'un Aut Corday, aut nihil.
La nymphe verse aujourd'hui dans le culte progressiste de l'Expérience, elle fricote avec l'Église de l'hédonisme pour quelques frissons de jouvencelle reclue dans un couvent. J'entends naturellement ici par "expérience" l'épreuve, le test, l'essai. Celui des stupéfiants, des amourettes, des futilités pour pourceau d'Épicure. Lesquels pourceaux ne manqueront pas de se draper de la puissance de l'empirisme scientifique ou pédagogique.
Sans doute, je veux bien leur concéder. Mais les expériences scientifiques (ou celle, plus naïve, de l'enfant échaudé) répondent à une fin : la connaissance, le savoir d'un champs limité. On ne procédera pas à l'essai d'usinage d'un pièce en titane avec un outil en aluminium, on s'abstiendra d'expérimenter l'effet de motifs cubistes dans les catacombes, nul être raisonnable et rationnel ne se portera volontaire pour vivre l'impact d'un gouvernement socialiste ou d'un bacille mortifère. Quand bien même les sarabandes festives et la morphine peuvent s'avérer attrayantes.
Le bonheur n'est pas la jouissance. Vous ne le trouverez dès lors ni dans les subsides de l'État socialiste, ni dans les vapeurs de morphine. Encore moins dans le culte du fourvoiement de pseudo-nietzschéens entonnant promptement leur "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort". Aphorisme génial s'il en est. Cependant, et pour répondre à ces hordes de pseudo-nietzschéens pataugeant - et avec fébrilité!- dans la médiocrité la plus crasse, cela n'a jamais signifié l'abandon de la raison et du savoir. Scio et cogito, inutile de se tromper en sachant à l'avance ce qu'il adviendra. Je n'en sortirais aucunement grandi, ni plus puissant. En revanche, le temps, l'énergie que j'y aurais perdus me manqueront pour réaliser des aspirations plus profondes, plus nobles que la survie à un coma éthylique ou à un saut du troisième étage. Privilégier la vertu du Excelsior. A tout.

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3 Comments:

Anonymous la progressiste hédoniste pseudo-nitzschéenne enfant échaudée jouvencelle reclue dans un couvent said...

Je m’excuse pour le retard de ma réponse…tu devines sans doute pourquoi je t’ai tant fait attendre…le travail, le travail, le travail….. (à répéter x1000)
Je te soumets un vrai torchon, mille excuses pour les fautes, les « md » (mal dit), et toutes ces infamies qui se glissent dans les écritures non expérimentées…



Ainsi la réponse :

Charlotte Corday…tiens tiens, une idole de jeunesse ? un fantasme révolutionnaire ? (j’avoue, c’est mieux que le « che »)

« le culte progressiste de l’Expérience ».Tout d’abord, j’entends par expérience, le concept philosophique (qui se prête d’ailleurs parfaitement à sa transposition pratique) c’est-à-dire l’expérience comme ce qui permet d’accéder à la connaissance. Et entendons-nous sur le « progressisme » !!! Jamais le progressisme n’a été si mal considéré que depuis que les 68ards s’en sont emparés ! Il est temps de rétablir l’identité de ce mot ! Le progressisme s’appuie sur l’expérience pour proposer un changement. Rien de négatif à cela…
« elle fricote avec l’hédonisme » l’hédonisme est une doctrine selon laquelle la fin (au sens philo) de la vie est le plaisir. Par là-même, l’hédonisme n’admet que le plaisir pour « dieu ». Remontons à l’essence du mot « plaisir » : le plaisir, terme positif, suit la satisfaction du désir. Qu’est-ce que le désir ? Une manifestation de la vie car sans désir, l’homme n’a pas de projet, donc pas de réalisation, donc pas de vie. Ainsi, l’hédonisme (je reviens au début) est un moyen d’accéder à la vie, que toi et moi respectons chaque jour : imaginons que tu aies envie d’acheter un livre, c’est un désir, après l’achat du livre et sa lecture, il y a satisfaction du désir donc plaisir. Dès le moment où tu as voulu acheter le livre, tu t’es situé dans une logique hédoniste : se faire plaisir en lisant le livre. Mais je vais plus loin : l’hédonisme est essentiel à la vie. Pour le prouver, reprenons l’exemple : tu as le livre entre les mains, tu le lis, très content, et un passage du livre t’inspires pour l’écriture d’un article, alors tu utilises le livre pour écrire un article. Dès que tu as pensé qu’un passage du livre était exploitable pour un article, a émergé en toi la notion de projet. Donc, l’hédonisme initial a abouti à un projet et sa réalisation (écriture de l’article) est une avancée dans la vie. Alors, que reprocher à l’hédonisme ? Sa mauvaise utilisation, dans le langage courant, pour caractériser les 68ards, les bobos…et toute cette population protégée qui « jouit » insolemment de la vie, sans vraiment mériter cette jouissance, et aux dépens de la société pour beaucoup . Ceux-là se revendiquent « hédonistes » et commettent un blasphème notoire envers la philosophie ! Car, pour ces gens, on pourrait plutôt parler de paresse, et de protectionnisme à l’origine de cette propension pour ce pseudo-hédonisme.
En conclusion, je dirai que l’hédonisme est une façon d’avancer dans la vie. Si on ne cherche pas un jour le plaisir, on ne fait rien.

« pour quelques frissons de jouvencelle recluse dans un couvent » : un couvent psychologique, oui. Sache que je suis un véritable glaçon, d’où les frissons. (ah ah)

« « expérience » l’épreuve, le test, l’essai » : quel essai ? La phrase qui suit n’éclaire rien… si vous associez l’expérience à la vie sexuelle, Cher, c’est votre problème…vous devez être de ces garçons aux idées mal placées… ;)

« pourceaux » : ah, vraiment, quand on ne connaît pas ces (ou plutôt « ce ») pourceaux, on ne porte pas de jugement…c’est le principe-même du respect de la vérité…

(au fait, il n’y a pas de « s » à champ)

« on ne procédera pas à l’essai d’usinage d’une pièce en titane…. » : en quoi peut-on dire que ces situations sont des « expériences « ? Quelle connaissance peut apporter l’application de motifs cubistes dans les catacombes, l’usinage d’une pièce en titane avec un outil en alu ? Aucune. Alors, on peut dire que ces situations ne sont pas des expériences…

« le bonheur n’est pas la jouissance » : si, cher Simon. Si si. Le bonheur est une forme « édulcorée » de jouissance. Et là je ne parle aucunement de sexualité, je parle de la vie en général : quel bonheur que de jouir d’un livre sur Tocqueville…

« ce qui ne me tue pas me rend plus fort » : véridique, cher ami ! L’expérience, celle qui ne tue pas, rend plus fort, car elle met l’homme face à ses erreurs, dès lors l’homme change son comportement de façon à ne pas commettre ces erreurs une nouvelle fois : l’expérience amène au progrès c’est bien connu… comme : du négatif on en fait du positif…

Abordons maintenant la part de raison nécessaire à l’expérience.
La raison juge de l’utilité de l’expérience.
La raison détermine les paramètres de l’expérience, quand celle-ci est utile.
Avant d’entreprendre, la réflexion envisage tous les devenirs de cette entreprise : il s’agit, dans une dimension utilitariste, de peser le pour et le contre c’est-à-dire : l’expérience vaut-elle la peine ?
Ce dont tu es hermétique, c’est du fait que l’ « échec » de mon expérience ne soit pas à cause du manque de réflexion préliminaire. Avant de m’engager, j’ai suffisamment réfléchi pour aborder ces nombreux problèmes qui ont d’ailleurs été surmontés. Si mon expérience ne s’est pas poursuivie, c’est parce que je ne m’étais pas évoquée le fait que je puisse avoir un jour une mauvaise gestion des sentiments, à savoir se laisser submerger par l’image, les paroles (etc) de l’autre. Personne n’y pense avant d’entamer une relation…sauf ceux qui en ont eu l’expérience !!

Maintenant, cher Simon, un simple conseil : laisse-toi vivre un minimum. A vouloir trop maîtriser le cours de son avenir, à vouloir à tout prix éviter des situations soi-disant inutiles et sources de perte de temps, on s’interdit le bonheur de vivre. Pire, même, on nie l’essence de la vie, car, sans erreurs, (donc sans expérience, sans progrès) la vie ressemble à une mort, un piétinement perpétuel.


Si tu souhaites en reparler, aucun problème. Je n’ai fait que « démonter » ton texte (mille excuses, je ne pouvais procéder autrement) il est possible que mes pensées ne transparaissent clairement.
Bon courage pour le travail et la recherche d’entreprise…
A plus tard, Cher.

11:13 AM  
Blogger Simon said...

Je parcourais ta réponse et hélas, je crains que tu éludes, que tu fasses abstraction de mes propos : le désir et le plaisir, pour manifestation de la vie qu'ils soient, ne peuvent être des objectifs... sinon, autant se complaire dans les volutes de haschisch et les parties fines entre hippies à Katmandou.. et finir par crever de honte devant le désastre de sa vie. Mes désirs ne jaillissent pas ainsi, certains doivent être combattus (massacrer la section locale de l'UMPS) pour des raisons éthiques (je concède cependant que je devrais illustrer d'ici peu mes propos d'une autre manière, chaque jour rendant ce type d'action de plus en plus légitime), d'autres ( la lecture de l'intégrale de Flaubert, faire la cour à cette naïade rencontrée sur les plages rétaises, passer la journée devant FEAR) pour des raisons pratiques ou morales, d'élégance, de temps qui est compté. Je succombe à d'autres, dont les conséquences physiologiques seraient par trop préjudiciables. Se concentrer sur les aspirations les plus hautes, les plus nobles.. car la source du bonheur se trouve dans l'estime de soit, se contempler dans la glace le matin et clamer au Ciel, aux archanges "Je m'aime, et je veux vivre, et je veux m'aimer encore davantage demain, je serais plus grand et plus beau, l'égal d'un Dieu". Excelsior, encore une fois, "plus haut".
Par ailleurs, cette note n'était pas si "ad hominem" que cela, j'avais simplement besoin d'une armature..


Et je suis heureux. Vraiment.

12:03 PM  
Anonymous -steady as she goes- said...

Bonjour Simon,

Merci pour la réponse, je n'en demandais pas tant et avec si grande célérité.
Ma réponse va être décevante de simplicité: relis ma réponse en ne prenant pas tout au pied de la lettre XD. Dans mon texte, je parle de philosophie... du moins j'explique des notions philosophiques, j'aborde leur essence, alors il faut parcourir ces lignes avec prudence.(j'ai remarqué que tu avais la fâcheuse tendance à racourcir...très dangereux ! quand je dis "plaisir" il ne faut pas penser "bédo" ou "orgie" plutôt penser au plaisir dans sa dimension philosophique (cf ma réponse!)).
Et puis, pour les points d'exclamation, menu détail... ;)
Bonne soirée
Margaux

12:17 AM  

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